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Le monde d'Evinrude

  • Logan

    Le monde des X-men n’est plus. Les super-héros d’hier sont morts ou mourants. Logan est un road movie qui nous emmène inéluctablement vers la fin. Triste, poussiéreux, violent et sanglant, Logan met un point final au Wolverine de Hugh Jackman. On regarde jusqu’au bout ce voyage sans retour : impossible de lâcher Logan avant la fin. Oubliez l’univers SF, Logan est quelque part entre le western et Mad Max. Dur et triste, Hugh Jackman nous livre un Wolverine profond qui donne tout. Un film glaçant qui malmène les super-héros que l’on côtoie depuis 17 ans et leur rend toute leur humanité. Un bel hommage.

  • Rogue One, a Star Wars story (Gareth Edwards II)

    Après la semi-déception de Star Wars le réveil de la force, je m’attendais à un sous-produit Disney destiné à faire patienter le chaland en manque jusqu’au prochain volet. Que nenni. Rogue One n’est pas une parenthèse à ranger à côté du Roi Lion 3. Il s’insère parfaitement entre la Revanche des Sith et Un Nouvel Espoir. On connaît tous la fin de Rogue One, et pourtant, le film nous tient en haleine jusqu’à la dernière scène. Les acteurs principaux sont excellents : Felicity Jones (je suis fan depuis Northanger Abbey et Une Merveilleuse Histoire du Temps), Diego Luna (peu connu mais un peu quand même avec entre autres Harvey Milk et Dirty Dancing 2) et Mads Mikkelson (qu’on ne voit pas assez). Les personnages secondaires sont moyens, mais ils ne gachent pas la fête (notamment avec un Forrest Whitaker largement sous-exploité).

    On peut reprocher au scénario son côté classique : la famille qui se cache dans un coin isolé, les rebelles qui se démènent, l’issu fatale où tout peut basculer, la bataille stellaire... Mais cet épisode explore aussi un aspect particulier : le monde des rebelles, jusque-là réduit à un trio mythique et à une flotte peuplée de quelques gradés connus et de pilotes anonymes. Le monde bi-polaire Empire-Rebellion de star wars se fissure et laisse transparaitre du côté des rebelles une fragmentation, une pluralité et une noirceur jusqu’alors inconnue.

    Enfin, Rogue One est visuellement réussi : effets spéciaux, ambiance, esthétisme et sobriété. La continuité avec l’épisode IV finit de convaincre le spectateur de déguster cette nouvelle histoire et de savourer les quinze dernières minutes de pur plaisir.

    A voir et à revoir.

  • L'Antispécisme, c'est pas pour les chiens (Rosa B, 2016)

    Après Insolente Veggie, Rosa B remet couvert avec L’Antispécisme, c’est pas pour les chiens. Avec son humour cash, elle nous explique sans prendre de gant ce qu’est l’antispécisme. Peut-être n’avez-vous pas eu le courage de lire Antispéciste de Aymeric Caron, car bien trop épais ; ou alors les débats télévisés qui abordent le sujet vous ennuient, car le vegan (entouré d’une meute de viandards prêt à tout pour pouvoir manger leur steack-frites l’esprit tranquille) n’arrive pas à en placer une. Ou peut-être vous laissez-vous bercer par les reportages télévisés bourrés de clichés. Pas motivant et très déprimant. L’Antispécisme, c’est pas pour les chiens est fait pour vous. Direct, percutant, drôle et complet, ce recueil de dessins fait le tour de la question. Vite lu, et une fois terminé, vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas compris. Et peut-être, qui sait, verrez-vous les choses différemment et commencerez-vous à vous poser des questions.

    Si vous êtes déjà convaincu(e), ce livre vous fera du bien, vous confortera et surtout vous fera rire. Parce que Rosa B est une militante à l’humour grinçant qui sait faire passer son message avec talent et de façon décomplexée.

    A lire et à offrir.

     

    PS : Rosa B : Merci pour la dédicace à Veggie World, superbe.

  • Dr Strange (Scott Derrickson, 2016)

    Totalement inconnu pour moi, je ne comptais pas aller voir Dr Strange, la bande annonce ne m’avait pas convaincue : je n’avais rien compris. Mais Benedict Cumberbatch et Mads Mikkelsen sont incontournables, alors j’ai tenté.

    Quand le monde de Marvel rencontre Inception dans une explosion de couleurs et de mouvements. J’ai passé deux heures à ramer pour comprendre quel était le pourquoi du comment. Pas simple. Dr Strange ramait aussi. Un peu. Mais heureusement, il a pigé le truc plus vite que moi. Les yeux grands ouverts, j’ai absorbé le flot d’images et de couleurs dans un joyeux délire ignorant totalement les lois élémentaires de la physique. C’était captivant et parfois drôle. Des gentils, des méchants, la planète à sauver : les bases sont là et n’ont rien d’originales mais Dr Strange innove dans le style et mérite vraiment le détour. Une infinité de possibilités s’ouvre pour les Avengers : vivement.

    PS : c’est un Marvel donc on garde ses fesses sur le siège jusqu’à la fin du générique ! Depuis le temps, les spectateurs devraient le savoir, mais non, on finit à cinq pour la dernière scène alors que la salle était pleine à craquer pour la séance. A chaque fois.