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  • Vous êtes fous d'avaler ça (Christophe Brusset, 2015)

    Je me souviens de mes cours d’économie, où on nous enseignait que la maximisation du profit allait de pair avec la maximisation de l’utilité collective. En substance, cela veut dire que plus on fait de profit, mieux se porte la société. Le problème, c’est que cette jolie théorie a oublié au passage nombre d’externalités telles que la santé du consommateur, la qualité du produit, la pollution, l’environnement, la justice sociale… et qu’en cherchant à augmenter ses marges dans un environnement hyperconcurrentiel, c’est toute la chaine de production alimentaire qui part en vrille et le consommateur qui paye le prix fort. Vous, moi, bref, toutes les personnes qui mangent.

    « Vous êtes fous d’avaler ça » est une compilation d’anecdotes d’un ancien employé de l’industrie agro-alimentaire qui vous fera définitivement passer l’envie de faire vos courses les yeux fermés. Peut-être même que ce livre vous fera passer l’envie de manger tout court. Les chapitres sont courts, bien écrits, drôles et extrêmement instructifs. J’ai beaucoup ri en lisant ce livre. Jaune. Je pense que même le plus parano des consommateurs est loin du compte quand il doute de la qualité de ce qu’il achète. Tout y passe : la viande (bien sûr), les fruits (vous mangez de la confiture en mini pot plastique quand vous descendez à l’hôtel ?), les légumes, les sauces, les épices, les escargots de Bourgogne (aussi bourguignons que moi), les préparations industrielles, les arnaques commerciales (vous aimez les promo ?), la grande distribution… Impossible de se douter que le miel origine « hors UE » bas-de-gamme vendu en supermarché dans un joli emballage et ayant passé toutes les tests légaux n’est, en fait, pas du miel du tout. Ça ressemble à du miel, ça a le goût de miel, ça à l’odeur du miel mais… Sont forts ces chinois.

    On sait tous qu’il faut manger locale, frais et bio, mais bon… C’est moins pratique, moins rapide, plus cher… Bref, on n’est pas motivé. Après la lecture de ce livre, on a juste envie de tout changer et d’aller démonter (en mode José Bové) les usines de production et les supermarchés.

    Pas convaincu ? Extrait choisi, pour toi, « con… sommateur » : les escargots de Bourgogne de Turquie.

    « J’ai senti l’usine bien avant de la voir. Dans une vaste cour bétonnée, des dizaines de tas de coquilles d’escargots vides de plus de trois mètres de hauteur s’alignaient comme d’immenses termitières. Des myriades d’insectes volants, satellisés en orbites des monticules, s’activaient dans un vrombissement continu. A la base des tas, un épais jus noir couvert de mouches se répandait en flaques aux bords séchés, craquelés, sur le sol de béton brûlant. Je respirais par le bouche pour que l’air chargé d’odeurs putrides ne passe pas par mes narines. D’un peu plus près, je remarquais que certaines coquilles contenaient encore des morceaux d’intestin d’escargots avec des asticots tout mignons, d’un joli blanc qui se tortillaient.

    Les coquilles étaient ainsi naturellement nettoyées par le soleil et les insectes. Lorsqu’il n’y avait plus de déchets solides, on passait le tout dans un bain de soude caustique, un rinçage, et direction l’usine de garnissage. Bon appétit ! » Christophe Brusset, Vous êtes fous d’avaler ça, 2015

    La bonne nouvelle, c’est que l’auteur nous donne quelques conseils pour éviter les produits trafiqués, falsifiés, voire dangereux. Personnellement, j’aimerais qu’il écrive un volume 2, pour vivre encore un peu moins bête. Et je vais offrir ce livre à mes proches, en commençant par ceux chez qui je vais manger.

  • X-MEN : APOCALYPSE (Bryan Singer, 2016)

    Après la remise à zéro des compteurs de Days of Future Past, on prend les mêmes et on continue. On revient petit à petit en territoire connu avec les personnages qui reprennent progressivement leur place dans l’univers X-men mais dans une version alternative. Ce mélange de connu et d’inconnu est habillement entremêlé et offre une palette infinie de possibilités. Mais soyons honnête, ce nouvel X-men vaut surtout pour sa réussite visuelle : plein les yeux pendant 2h25.

    X-men Apocalypse me rappelle beaucoup d’autres film SF, avec son super-méchant omnipotent, l’Egypte antique, la recherche de recrus, le parcours initiatique… et même si je n’aime pas le concept du super-méchant-imbattable-qu’on-arrive-quand-même-à-battre, celui-ci n’est pas ridicule (contrairement à Ultron dans Avengers 2, par exemple). J’ai été surprise deux fois (honte sur moi) et je me suis demandée comment tout cela allait se terminer. Pas le temps de s’ennuyer, ni l’envie de soupirer d’exaspération : je suis restée concentrée sur l’écran de bout en bout.

    Côté casting, je ne suis pas vraiment séduite par le choix de Sophie Turner/Jean ni par celui de Tye Sheridan/Scott et je m’inquiète un peu de la place de plus en plus importante (envahissante) de la très médiatique Jennifer Lawrence/Mystique. Le reste du casting est impeccable et l’avenir de la franchise radieux. A suivre…

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  • Captain America : Civil War

    Un peu échaudée par Avengers 2, l’ère d’Ultron, je suis allée voir Captain America : Civil war partagée entre espoir et appréhension. Je suis sortie du cinéma surprise de ne pas avoir vu filer les 2h28 de film. Mais alors pas du tout. L’histoire est bien ficelée, elle redonne même une certaine épaisseur à Avengers 2.

    Ce Civil War est en fait un Avengers, avec un focus sur Captain America et Iron Man (comme d’habitude). On y découvre aussi deux nouveaux personnages, intégrés à l’équipe, mais shuuuut, je vous laisse les découvrir. L’histoire est intéressante, car contrairement aux opus précédents, il n’existe pas de délimitation nette entre le bien et le mal. On a du mal à savoir qui sont les gentils et qui sont les méchants. La guerre intestine qui sévit au sein des Avengers se nourrit des divergences de point de vue et des erreurs passées de chacun. Avec l'ajout d'un peu d’action à ce joyeux mélange des genres, on obtient un film prenant, visuellement réussi, avec de belles surprises. Vivement la suite.

  • 100 jours sans viande (Aline Perraudin, 2016)

    Voilà un livre qui tombait à pic. Après plusieurs mois de végétarisme, j’allais pouvoir confronter mon expérience avec celle d’une journaliste. Les débuts hésitants, les questionnements, les recherches, les trouvailles, les difficultés…

    Malheureusement, je n’ai rien trouvé de tout cela dans 100 jours sans viande. L’auteure explique ses motivations et balaye toutes les raisons d’arrêter de consommer de la viande avec justesse. Le livre contient beaucoup de références, il est très bien documenté. Il n’est ni lourd à lire ni pompeux. Mais voilà, il m’a énervé de bout en bout. J’ai lu beaucoup de livres sur le sujet et celui-ci est le plus démotivant.

    C’est une déchirure pour l’auteure d’arrêter la viande. C’est renoncer à ses souvenir d’enfance, à ses habitudes, à son plaisir gustatif, à ses sorties au resto ; c’est une contrainte pour son compagnon et un plongeon dans l’inconnu. L’arrêt de la viande n’a d’autre but que de soulager sa conscience. C’est un mal pour un bien : un sacrifice. Or le végétarisme c’est bien plus que ça : c’est se nourrir mieux, avec des produits seins (si on sait les choisir), simples, gustatifs… C’est réapprendre à consommer et découvrir de nouveaux ingrédients, de nouveaux plats, c’est supprimer une quantité astronomique de saloperies industrielles…

    De plus, son parcours est le parfait exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire : supprimer la viande de son alimentation du jour au lendemain sans avoir étudier la question au préalable. Elle a commencé par compenser en mangeant du poisson (en se renseignant un minimum, on comprend vite que c’est aussi nocif pour la santé, l’environnement et cause de souffrance animale), sans connaitre la base de l’alimentation végétarienne ni savoir où trouver les produits. Un gros chapitre est consacré aux substituts de viande (comme les protéines artificielles et insectes), faisant miroiter un futur hyper-flippant du point de vue alimentaire. On peut être végétarien (voire vegan) sans se nourrir d’aliments artificiels ! Bien au contraire. On sent l’auteure osciller entre tristesse culinaire et fierté d’avoir encore réussi à passer un repas sans viande. Globalement, ce livre est déprimant et pas du tout à la hauteur du sujet.

    Quand je lis le sous-titre : « pourquoi et comment arrêter la viande », je me dis que ce livre atteint son objectif sur le « pourquoi » mais passe complètement à côté du « comment ».

    Si vous êtes végétarien depuis peu, souhaitez le devenir ou simplement vous documenter sur le sujet, ne commencez surtout pas par ce témoignage.