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Environnement-santé

  • L'Antispécisme, c'est pas pour les chiens (Rosa B, 2016)

    Après Insolente Veggie, Rosa B remet couvert avec L’Antispécisme, c’est pas pour les chiens. Avec son humour cash, elle nous explique sans prendre de gant ce qu’est l’antispécisme. Peut-être n’avez-vous pas eu le courage de lire Antispéciste de Aymeric Caron, car bien trop épais ; ou alors les débats télévisés qui abordent le sujet vous ennuient, car le vegan (entouré d’une meute de viandards prêt à tout pour pouvoir manger leur steack-frites l’esprit tranquille) n’arrive pas à en placer une. Ou peut-être vous laissez-vous bercer par les reportages télévisés bourrés de clichés. Pas motivant et très déprimant. L’Antispécisme, c’est pas pour les chiens est fait pour vous. Direct, percutant, drôle et complet, ce recueil de dessins fait le tour de la question. Vite lu, et une fois terminé, vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas compris. Et peut-être, qui sait, verrez-vous les choses différemment et commencerez-vous à vous poser des questions.

    Si vous êtes déjà convaincu(e), ce livre vous fera du bien, vous confortera et surtout vous fera rire. Parce que Rosa B est une militante à l’humour grinçant qui sait faire passer son message avec talent et de façon décomplexée.

    A lire et à offrir.

     

    PS : Rosa B : Merci pour la dédicace à Veggie World, superbe.

  • Vous êtes fous d'avaler ça (Christophe Brusset, 2015)

    Je me souviens de mes cours d’économie, où on nous enseignait que la maximisation du profit allait de pair avec la maximisation de l’utilité collective. En substance, cela veut dire que plus on fait de profit, mieux se porte la société. Le problème, c’est que cette jolie théorie a oublié au passage nombre d’externalités telles que la santé du consommateur, la qualité du produit, la pollution, l’environnement, la justice sociale… et qu’en cherchant à augmenter ses marges dans un environnement hyperconcurrentiel, c’est toute la chaine de production alimentaire qui part en vrille et le consommateur qui paye le prix fort. Vous, moi, bref, toutes les personnes qui mangent.

    « Vous êtes fous d’avaler ça » est une compilation d’anecdotes d’un ancien employé de l’industrie agro-alimentaire qui vous fera définitivement passer l’envie de faire vos courses les yeux fermés. Peut-être même que ce livre vous fera passer l’envie de manger tout court. Les chapitres sont courts, bien écrits, drôles et extrêmement instructifs. J’ai beaucoup ri en lisant ce livre. Jaune. Je pense que même le plus parano des consommateurs est loin du compte quand il doute de la qualité de ce qu’il achète. Tout y passe : la viande (bien sûr), les fruits (vous mangez de la confiture en mini pot plastique quand vous descendez à l’hôtel ?), les légumes, les sauces, les épices, les escargots de Bourgogne (aussi bourguignons que moi), les préparations industrielles, les arnaques commerciales (vous aimez les promo ?), la grande distribution… Impossible de se douter que le miel origine « hors UE » bas-de-gamme vendu en supermarché dans un joli emballage et ayant passé toutes les tests légaux n’est, en fait, pas du miel du tout. Ça ressemble à du miel, ça a le goût de miel, ça à l’odeur du miel mais… Sont forts ces chinois.

    On sait tous qu’il faut manger locale, frais et bio, mais bon… C’est moins pratique, moins rapide, plus cher… Bref, on n’est pas motivé. Après la lecture de ce livre, on a juste envie de tout changer et d’aller démonter (en mode José Bové) les usines de production et les supermarchés.

    Pas convaincu ? Extrait choisi, pour toi, « con… sommateur » : les escargots de Bourgogne de Turquie.

    « J’ai senti l’usine bien avant de la voir. Dans une vaste cour bétonnée, des dizaines de tas de coquilles d’escargots vides de plus de trois mètres de hauteur s’alignaient comme d’immenses termitières. Des myriades d’insectes volants, satellisés en orbites des monticules, s’activaient dans un vrombissement continu. A la base des tas, un épais jus noir couvert de mouches se répandait en flaques aux bords séchés, craquelés, sur le sol de béton brûlant. Je respirais par le bouche pour que l’air chargé d’odeurs putrides ne passe pas par mes narines. D’un peu plus près, je remarquais que certaines coquilles contenaient encore des morceaux d’intestin d’escargots avec des asticots tout mignons, d’un joli blanc qui se tortillaient.

    Les coquilles étaient ainsi naturellement nettoyées par le soleil et les insectes. Lorsqu’il n’y avait plus de déchets solides, on passait le tout dans un bain de soude caustique, un rinçage, et direction l’usine de garnissage. Bon appétit ! » Christophe Brusset, Vous êtes fous d’avaler ça, 2015

    La bonne nouvelle, c’est que l’auteur nous donne quelques conseils pour éviter les produits trafiqués, falsifiés, voire dangereux. Personnellement, j’aimerais qu’il écrive un volume 2, pour vivre encore un peu moins bête. Et je vais offrir ce livre à mes proches, en commençant par ceux chez qui je vais manger.

  • 100 jours sans viande (Aline Perraudin, 2016)

    Voilà un livre qui tombait à pic. Après plusieurs mois de végétarisme, j’allais pouvoir confronter mon expérience avec celle d’une journaliste. Les débuts hésitants, les questionnements, les recherches, les trouvailles, les difficultés…

    Malheureusement, je n’ai rien trouvé de tout cela dans 100 jours sans viande. L’auteure explique ses motivations et balaye toutes les raisons d’arrêter de consommer de la viande avec justesse. Le livre contient beaucoup de références, il est très bien documenté. Il n’est ni lourd à lire ni pompeux. Mais voilà, il m’a énervé de bout en bout. J’ai lu beaucoup de livres sur le sujet et celui-ci est le plus démotivant.

    C’est une déchirure pour l’auteure d’arrêter la viande. C’est renoncer à ses souvenir d’enfance, à ses habitudes, à son plaisir gustatif, à ses sorties au resto ; c’est une contrainte pour son compagnon et un plongeon dans l’inconnu. L’arrêt de la viande n’a d’autre but que de soulager sa conscience. C’est un mal pour un bien : un sacrifice. Or le végétarisme c’est bien plus que ça : c’est se nourrir mieux, avec des produits seins (si on sait les choisir), simples, gustatifs… C’est réapprendre à consommer et découvrir de nouveaux ingrédients, de nouveaux plats, c’est supprimer une quantité astronomique de saloperies industrielles…

    De plus, son parcours est le parfait exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire : supprimer la viande de son alimentation du jour au lendemain sans avoir étudier la question au préalable. Elle a commencé par compenser en mangeant du poisson (en se renseignant un minimum, on comprend vite que c’est aussi nocif pour la santé, l’environnement et cause de souffrance animale), sans connaitre la base de l’alimentation végétarienne ni savoir où trouver les produits. Un gros chapitre est consacré aux substituts de viande (comme les protéines artificielles et insectes), faisant miroiter un futur hyper-flippant du point de vue alimentaire. On peut être végétarien (voire vegan) sans se nourrir d’aliments artificiels ! Bien au contraire. On sent l’auteure osciller entre tristesse culinaire et fierté d’avoir encore réussi à passer un repas sans viande. Globalement, ce livre est déprimant et pas du tout à la hauteur du sujet.

    Quand je lis le sous-titre : « pourquoi et comment arrêter la viande », je me dis que ce livre atteint son objectif sur le « pourquoi » mais passe complètement à côté du « comment ».

    Si vous êtes végétarien depuis peu, souhaitez le devenir ou simplement vous documenter sur le sujet, ne commencez surtout pas par ce témoignage.

  • Paul Watson, Entretien avec un Pirate (Lamya Essemlali, 2012)

    Entretien avec un pirate est un livre-interview de Paul Watson. Si vous ne connaissez pas encore le Capitaine Paul Watson et son association Sea Shepherd, vous risquez de tomber de haut en lisant ce livre. Lamya Essemlali (présidente de Sea Shepherd France) nous permet de découvrir le parcours de cet activiste écologique qui se bat depuis ses onze ans pour sauvegarder les océans, ses habitants et plus généralement les écosystèmes de la planète. Ce parcours hors du commun et les anecdotes présentées dans ce livre changeront votre regard sur le monde qui nous entoure.

    Ce livre explique pourquoi il y a des pirates en Somalie, pourquoi Greenpeace ne défend pas efficacement l’environnement, et pourquoi un homme qui n’a jamais commis aucun crime se retrouve sur la liste des criminels les plus recherchés d’Interpol. Accessoirement, ce livre m’a aussi permis de comprendre pourquoi les Australiens achètent des sous-marins aux Français plutôt qu’aux Japonais, la véritable raison étant passé sous silence par les medias.

    Au-delà du sujet de première importance traité dans ce livre (si les océans meurent, nous mourront aussi), j’y ai découvert un homme extraordinaire au premier sens de terme : engagé, intelligent, fin stratège, efficace, incorruptible et motivé par un seul et unique objectif : faire respecter les lois de conservation marine par tous les moyens légaux à sa disposition. Les adeptes de la stratégie apprécient ses méthodes, les fervents défenseurs de la nature applaudissent ses résultats et les simples citoyens du monde que nous sommes le remercions du font du cœur de faire le boulot à notre place et surtout à la place des gouvernements que nous avons élus.

    Je vous défie de continuer à manger du poisson et des produits de la mer avec la conscience tranquille après avoir lu Entretien avec un pirate. Peu de livres ont éveillé ma conscience comme celui-ci.

    A mettre en haut de la pile des lectures indispensables. En plus, il se lit vite et facilement, donc pas excuse !