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Festival

  • Festival de Beauregard, 2014, par Mosquito

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    Devant l’insistance de notre adorée Evinrude, je me dois de vous compter mon expérience au festival Beauregard saison 4. C’est ça ou je me fais rétrograder en ligue 2 des amis d’Evinrude, alors autant ne pas prendre de risque.

    Pour ceux d’entre vous qui auraient raté les épisodes précédents, il faut que je vous décrive un petit peu le décor de ce superbe festi-valse : plantées dans le parc du Château de Hérouville St-Clair, en Normandie, deux scènes se font face et accueillent quelques-uns des meilleurs groupes de pop / rock / électro du moment (voire même de veilles gloires passées) qui se succèdent pendant 3 jours. La musique était, cette année encore, placée sous forte influence anglo-saxonne comme vous allez le voir.

    Jour 1 : ‘Hey Ho ! Let’s Go’

    Ca y est, nous y sommes ! Le rituel du passage des billets et l’achat des coupons pour les boissons passé, nous nous dirigeons vers la première scène. C’est Blondie, artiste emblématique des années 80,  qui officie déjà. Alors physiquement, Blondie a pris un sacré coup de vieux et son sex-appeal a quelque peu disparu. Mais la voix et l’énergie sont toujours là et elle enchaine les tubes : Atomic, Call Me, Heart of Glass... Incroyable mais je m’aperçois que je connais 90% du registre de la Dame

     

    Après cette excellente entrée en matière, c’est au tour d’IAM de faire son entrée sur la scène n°2. Le rap ne m’ayant jamais attiré, je décide de zapper ce concert pour passer au ravitaillement. Ambiance garden-party au château : bar à huitres, tapas de la mer, bar à cidre, petits lampions qui illuminent les arbres du parc du château. Oui, ce festival est un festival cinq étoiles.

    Mais revenons aux artistes !

    Entrée de Shaka Ponk. J’étais assez curieuse de voir leur prestation scénique, car deux ans auparavant, ils m’avaient plutôt déçue. Mais cette fois, ça ne sera pas le cas : énorme show. Le public en prend plein les oreilles et les yeux : sueur, énergie, gros son et décor gigantesque sont au programme. Niveau style, le groupe mélange à souhait du métal, une sorte de reggae, du rock, de la pop, de l’électro. J’ai particulièrement apprécié la battle du gorille virtuel du groupe avec le batteur. Cependant, nous assistons plus à un énorme spectacle qu’à un concert : serait-ce un peu too much ?

    Dernier concert de la soirée pour moi : Kavinsky et son son électro. Résultat : beau jeu de lumière, set maitrisé même si j’ai eu comme l’impression d’écouter mon CD. Tout de même, mention spéciale à Nightcall qui m’a évidemment conquise.

    Jour 2 : ‘I’m singing in the rain’

    Pluie, déluge, intempéries, averses, giboulées, saucées, ondées… voilà le résumé de la journée de samedi. J’écoute la musique bien au chaud et je ne me rends pas au festival : je ne suis pas waterproof !

     Jour 3 : Last Goodbye

    Le soleil ayant enfin décidé de revenir sur la Normandie, nous nous rendons au château pour faire la clôture du festival. Nous sommes ultra-équipés : bottes, capes de pluie, gros sweats, on n’est jamais trop prudent !

    Yodélice sera notre premier concert. Maxime Nucci, chapeau vissé sur le crâne, arbre décharné en fond de scène, entame son set. Sa musique pop rock avec quelques sons blues semble conquérir le public surtout lorsque retentit le fameux ‘Sunday with the flu’. En résumé, un bon moment passé en compagnie de Yodélice.

     

    Passons à Agnès Obel. Cette programmation m’intriguait assez puisque j’imaginais plus Agnès Obel devant une petite salle intimiste qu’en festival au grand air. Finalement, cette artiste est assez magique : avec ses 3 musiciennes, la discrète Agnès Obel a su charmer le public avec sa voix délicate et sa musique mélodique. Il régnait une ambiance sereine à Beauregard après son passage. Classy Agnès !

     

    Bien qu’étant en Normandie, nous avons eu le droit à Breton. Rien à voir avec l’artiste précédente, Breton est bel et bien formaté pour les festivals. Les anglais livrent un live riche et généreux qui semble enchanter le public. Je ne suis pas déçue par ce concert. Soulignons la maitrise parfaite de la langue de Molière par le chanteur : pour des anglais, c’est presque exceptionnel…

     

    C’est maintenant au tour de Damon Albarn. En ce qui me concerne, j’attendais de voir, et cela, pour plusieurs raisons : historiquement, j’ai toujours été plus Oasis que Blur et la première écoute de l’album solo de Damon Albarn m’avait plutôt ennuyée.  

     

    Quand le chanteur se présente sur scène, on sent tout de suite que quelque chose de magique va se passer. Ce type est une véritable bête de scène, très charismatique. Accompagné de ses musiciens hors-pairs lookés comme dans les années 30, Damon Albarn déroule son live et  joue la proximité avec le public normand. Il descend même au contact de la fosse, ce qui déclenche une petite hystérie collective. Au cours du live, l’artiste alterne des moments poétiques et posés avec des moments plus pop et électriques.  Damon Albarn reprend même quelques titres de Blur ainsi que le grand Clint Eastwood de Gorillaz ! Ambiance survoltée ! Je suis conquise. A mon sens, ce concert restera le meilleur de Beauregard 2014.

     

    Enfin, les Pixies concluent le festival. Autant Damon Albarn m’a enchanté les oreilles, autant Pixies sera ma grande déception. C’est bien simple : du bruit, du bruit, du bruit. Pas un mot pour le public, des morceaux (que je reconnais à peine et parfois joués faux), envoyés sans la moindre pause (même pas le temps d’applaudir), et un Franck Black pas friendly du tout. Bref, pour les Pixies je ne suis pas emballée du tout.

     

    En conclusion, encore un très beau cru pour cette année 2014. J’attends la programmation de l’année prochaine avec une impatience non dissimulée.

  • Festival de Beauregard 2012, par Mosquito

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    Chaque année depuis 3 ans, c’est le même rituel. Je quitte Paris pour rejoindre la Normandie et plus précisément Hérouville Saint-Clair, un petit village d’irréductibles festivaliers. Car oui, c’est bien du Festival Beauregard auquel cette chronique est dédiée aujourd’hui.

    Me voilà donc lancée à l’assaut de la musique, 3 jours durant. Je vous plante le décor : le festival se déroule dans le parc d’un magnifique château. Deux scènes se font face, séparées par les bars, les restos, les stands de merchandising. Tout est magnifiquement pensé à Beauregard. Certaines méchantes langues diront que c’est un festival de bobos parisiens mais il n’en n’est rien !

    Vendredi 6 Juillet : Acclimatation

    Après avoir passé les barrières de sécurité, les premières notes de musique résonnent dans la campagne normande. Selah Sue est déjà sur scène et le public semble au rendez-vous. Avec sa voix grave et soul, elle maitrise parfaitement son style reggae-raga. Son tube « Raggamuffin » est repris en chœur par le public. Personnellement, je ne suis pas fan mais elle a bien assuré.

    Suis Dionysos. Là encore, ce groupe n’est pas ma tasse de thé. Je « sacrifie » donc Dionysos pour me procurer mes tickets boissons, sésames indispensables pour tenir les 3 jours jusqu’au bout de la nuit. Je vois tout de même la fin de la performance scénique de Mathias Malzieu dont la fougue n’est pas une légende ! Il nous a gratifiés d’un petit slam sur leur chanson « Jedi ». J’ai peut-être raté une occasion de redécouvrir un groupe…

    Mais pas le temps de s’attarder, c’est le moment de Shaka Ponk ! J’attendais avec impatience de les voir sur scène, tant leur dernier album a tourné sur mon iPod. Et là, la déception fût aussi grande que mon impatience première. Le déluge d’effets spéciaux ne suffit pas à couvrir la médiocrité de la voix de la chanteuse. J’arrive à peine reconnaitre mes chansons favorites. Alors certes, ça bouge dans tous les sens, ils haranguent la foule mais vraiment je ne suis pas touchée. Trop c’est trop, je quitte les Shakas avant la fin du show avec un goût amer.

    Passons aux choses sérieuses : mon énergie remonte avec la venue de The Kills. Riffs de guitare avec un son saturé à souhait, leur Future Stars Slow me donne des frissons. Jamie Hince et Alison Mosshart enchainent pendant presque 1h30 leurs tubes rock (dont l’excellentissime DNA). C’est du très bon son.

    Cette première soirée s’achève pour moi sur la découverte de Superpoze, brillant remplaçant d’Hot Chip. Si vous aimez le son électro, je vous conseille d’écouter.

    Samedi 7 Juillet : Apocalypse

    Cette seconde journée de festival semble presque dédiée aux groupes français. J’attaque néanmoins ma soirée par le groupe Britannique Kaiser Chiefs… Dès la première chanson, le public, toute génération confondue, est déchainé. Tout le monde reprend en chœur le « Ruby, Ruby, Ruby, Ruby / Ahaa-ahaa-aaaa / Do ya, do ya, do ya, do ya / Ahaa-ahaa-aaaa ». Que c’est bon d’entendre de la bonne pop music. “The angry mob”, “thank you very much“, “retirement “, “every day  love you less and less“, “I predict a riot“ sont quelques uns des morceaux chantés. Les Kaiser Chief assurent le spectacle jusqu’au bout.

    Il fallait bien un déluge pour rafraîchir tant d'ardeur : des trombes d’eau se sont mises à tomber à la fin du show des Kaisers. La pause sous le parapluie s’impose. Beauregard s’est transformé sous notre regard en un énorme marécage de boue.

    Place à Jean-Louis Aubert qui, une fois n’est pas coutume, chante juste ! Ses reprises des titres mythiques de Téléphone font mouche. Le public semble conquis (et moi aussi je l’avoue). Nous avons même eu droit à un bis ! Formidable.

    Je zappe Sébastien Tellier car la pluie ne cesse de tomber sans discontinuer. Je préfère me sécher un peu à l’abri dans le stand de merchandising de fausses guitares. C’est kitsch mais drôle en fait.

    C’est autour de Gossip de faire son entrée sur la grande scène. Beth Ditto est en grande forme : elle tente de nous parler en français. Le groupe commence par leur dernier morceau « Melody Emergency ». Le virage plus pop de Gossip passe très bien en concert. Je suis ravie de retrouver ce groupe sur scène. Bien sûr, nous avons eu droit à leurs classiques : « Standing in the Way of control », « Your mangled heart » et le grand « Heavy Cross ».

    Ma seconde soirée s’achève donc sur Gossip. Je ne ferai pas honneur au régional de l’étape en la personne d’Orelsan. Impossible pour moi d’aller écouter ce personnage. Je rentre chez les copains complètement trempée et boueuse mais avec du son plein la tête.

    Dimanche 8 juillet : Apothéose

    Dernier jour de festival sous le soleil mais les bottes sont l’accessoire indispensable pour affronter le marécage normand. Pas de style mais c’est pratique !

    Le go de la soirée est donné par les deux filles des Brigittes habillées en tenue lamé-or. Beaucoup de reprises au programme, leurs déhanchés langoureux et voix suaves font le reste. Une bonne introduction en somme.

    C’est autour des écossais de Garbage d’enchainer le set. Quelques titres de leurs nouvel album mais la part belle est faite aux anciens tubes. Je replonge illico dans mon adolescence. Le groupe a bien gardé son énergie d’antan. Cependant, il me manque quelque chose d’impossible à définir réellement. Peut-être un peu trop d’assurance de la part de Shirley Manson…

    Place au second groupe écossais : Franz Ferdinand. Je lui décerne d’ores et déjà la palme d’or du meilleur set. Ils ont été incroyables, enchainant les tubes, transportant littéralement le public avec eux. Oubliée la boue, tout le monde chante et danse au son de « Take me out ». Pendant 1h30, les écossais revisitent leurs classiques, se hasardant même du côté de Jimmy Sommerville avec un étrange « I feel love ». Pour conclure le show, les quatre garçons délaissent leurs guitares et se déchainent autour de la batterie nous offrant un moment de pur rythme. Nous sommes tous conquis par l’archiduc.

    Pour conclure, Beauregard 2012 aura bien mérité sa notation AAA : Acclimatation, Apocalypse et Apothéose. Un excellent cru. Vivement 2013.